Alvino, Maria Consiglia (2017) IL DE REGNO DI SINESIO DI CIRENE E L'IDEOLOGIA IMPERIALE BIZANTINA TRA V E VI SECOLO. [Tesi di dottorato]

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Tipologia del documento: Tesi di dottorato
Lingua: Italiano
Titolo: IL DE REGNO DI SINESIO DI CIRENE E L'IDEOLOGIA IMPERIALE BIZANTINA TRA V E VI SECOLO
Autori:
AutoreEmail
Alvino, Maria Consigliaconsiglia.alvino@gmail.com
Data: 4 Ottobre 2017
Numero di pagine: 390
Istituzione: Università degli Studi di Napoli Federico II
Dipartimento: Studi Umanistici
Dottorato: Filologia
Ciclo di dottorato: 29
Coordinatore del Corso di dottorato:
nomeemail
GARGANO, ANTONIOantonio.gargano@unina.it
Tutor:
nomeemail
MATINO, GIUSEPPINA[non definito]
Data: 4 Ottobre 2017
Numero di pagine: 390
Parole chiave: SINESIO DI CIRENE, IDEOLOGIA IMPERIALE, NEOPLATONISMO, IDEOLOGIA POLITICA
Settori scientifico-disciplinari del MIUR: Area 10 - Scienze dell'antichità, filologico-letterarie e storico-artistiche > L-FIL-LET/02 - Lingua e letteratura greca
Depositato il: 12 Ott 2017 08:42
Ultima modifica: 08 Mar 2018 10:46
URI: http://www.fedoa.unina.it/id/eprint/11881
DOI: 10.6093/UNINA/FEDOA/11881

Abstract

1. L’enjeu de la recherche Le but principal de la thèse est l’analyse de l’apport du De regno de Synésios de Cyrène à la transmission de l’idéologie politique antique aux Ve et VIe siècles de l’époque byzantine. Il s’agit, avant tout, de définir l’idéologie politique de Synésios, dans le cadre de sa paideia alexandrine néoplatonicienne et chrétienne ; puis, de déterminer l’apport de son ouvrage à la formation de l’idéologie impériale et de la rhétorique politique du Ve siècle et de l’âge de Justinien. Afin de déterminer le rôle du De regno de Synésios dans la transmission de ces topoi, on veut analyser les rapports entre cet ouvrage et les œuvres les plus représentatives de la littérature politique des Ve-VIe siècles : le Panégyrique pour l’empereur Anastase de Procope de Gaza , la Scheda Regia d’Agapetus le Diacre , l’anonyme dialogue philosophique Sur la Science politique dédié à Justinien et le traité Des magistratures de l’Etat romain de Jean le Lydien . 2. L’état de la recherche 2.1. Le débat sur la valeur historique et la chronologie de l’œuvre Les premières notes chronologiques au De regno, dans le cadre d’une reconstruction générale de la chronologie des opuscula de Synésios, sont dues à Otto Seeck (op. cit.), qui datait le De regno des années 399-402. L’intérêt pour les aspects historiques et politiques de l’œuvre est dominant dans la critique italienne des années 1920-1940, à cause de l’utilisation idéologique de la figure de Synésios pendant la colonisation italienne de la Libye. La première monographie sur l’activité politique de Synésios remonte à 1938, de claire inspiration fasciste, rédigée par Giulio Bettini ; en 1944 est publiée l’ édition critique du De regno, par Nicola Terzaghi . Cette édition constitue la base pour les études suivantes. Pendant la deuxième partie du XXe siècle, l’approche historique est encore prévalente, comme on peut le voir dans les pages consacrées au De regno dans la monographie de 1951 de Christian Lacombrade et dans son introduction à l’édition du De regno datant de la même année. On doit attendre les années 1970 pour relever un renouvellement de l’intérêt pour l’œuvre. En 1973, Antonio Garzya publie une traduction italienne du De regno, intégrée dans son édition des opera omnia de Synésios de 1989, avec quelques notes de commentaire. Dans les années 1980 la critique recommence à interroger spécifiquement cet ouvrage du Cyrénéen, encore selon une perspective chronologique. On débat de la question de la datation du De regno. La querelle oppose ceux qui le datent des années 399-402 (Denis Roques , suivi par Antonio Garzya ) et ceux qui proposent une datation plus haute, dans les années 397-400 . Le débat se développe sur la base d’une différente interprétation des témoignages autobiographiques sur l’ambassade à Constantinople que l’on trouve dans le corpus même de Synésios : (Syn., De regn. 3 Terzaghi) l’occasion du don de l’aurum coronarium ; (Syn., Ep. 61 Garzya-Roques) un tremblement de terre cause la fin du séjour constantinopolitain de Synésios ; (Syn., Hymn. I 428 – 433 Terzaghi ; De insomn. 14 Terzaghi) : le séjour de Synésios à Constantinople dure trois années. En plus de l’intérêt purement chronologique, pendant les mêmes années, se développe la recherche sur la valeur plus généralement historique et idéologique du De regno dans ses rapports avec le contexte de la semi-barbare cour constantinopolitaine et de la Cyrénaïque tardive . Dans ces contributions ne manquent pas quelques sporadiques références aux aspects littéraires du De regno. Beaucoup d’importance est, par contre, donnée à la forme rhétorique du discours dans l’introduction à la dernière édition critique du De regno (pp. 26-35), publiée par Jacques Lamoureux et Noël Aujoulat en 2008 . 3. L’idéologie impériale de Synésios de Cyrène dans le Discours sur la Royauté Le De regno s’inscrit dans la tradition de la littérature antique sur la royauté, qui a fleuri dans les milieux académiques et stoïciens, que nous connaissons par des auteurs comme Plutarque, Dion Chrysostome, Thémistios, mais qu’illustraient aussi des auteurs perdus comme Ecphante, Diotogène et Sthenidas. Son auteur avait également une connaissance approfondie des théories monarchiques judaïques, transmises en particulier par Philon. Le Cyrénaïque ne semble pas non plus étranger aux polémiques théologiques dont il a sans doute été le contemporain : la connaissance directe de Jean Chrysostome et le voisinage des patriarches d’Alexandrie ont dû contribuer à la formation d’un néoplatonisme chrétien singulier, qui s’épanouira dans les années de la maturité et de l’épiscopat. Synésios dérive de la philosophie politique d’Eusèbe, nourrie de topoi issus de Dion Chrysostome et Thémistios, une conception de l’Empire comme don de la divinité au βασιλεύς. Celui-ci est tenu de préserver ce don à travers l’ἄσκησις continue de sa propre vertu. Une autre pierre angulaire de l’idéologie impériale sinésienne est la supériorité du νόμος sur la manière dont le βασιλεύς conduit sa propre vie. La vie de l’Empereur, qui a valeur exemplaire pour ses sujets, est elle-même le reflet de l’Idée d’une loi transcendante, respectueuse de l’ordre cosmique et providentiel. L’idée de l’Empereur comme νόμος ἔμψυχος n’est formulée qu’implicitement par Synésios, alors que l’idée du souverain μιμητὴς τοῦ θεοῦ, sur laquelle la première se fonde, est tout à fait explicite. Imitateur de Dieu, le souverain est son homonyme. Il partage ses attributs, mais pas sa nature. Les vertus que le souverain doit démontrer, φρόνησις e ῥώμη, sont tout à fait classiques, de même que les attributs de la royauté, à savoir bonté, piété et autarcie, dont la possession est garantie au souverain par la relation d’homonymie qui le relie à la divinité. Ces vertus ont une valeur universelle mais pas absolue, dans la mesure où elles existent seulement selon une relation de cause à effet entre la divinité et l’objet qui en expérimente les qualités. Sur cette justification du principe de l’ὁμοίωσις τοῦ θεοῦ, l’influence de la métaphysique aristotélicienne est évidente avec l’ontologie du premier principe, auquel Synésios fait une allusion efficace et directe, tout en la conjuguant avec l’idée néoplatonicienne de la divinité surabondante et dispensatrice de bienfaits. Dans le De regno, le thème de l’autarcie du souverain est investi d’une force particulière grâce à la théorie platonicienne de l’âme complexe. L’autarcie constitue le fondement du bon gouvernement, dans la mesure où le roi est celui qui parvient à réunir sous l’égide de la raison le peuple agité, esclave de ses propres passions (De regn. 10). L’esthétique de la royauté joue un rôle paradigmatique et fonctionnel dans la transmission de l’eusychia divine au monde. L’exemplarité de la vie du souverain exige qu’il communie avec l’ensemble de la vie sociale, que ce soit avec les fonctionnaires qu’il a choisis, à travers la φιλία comme vertu, ou avec l’armée, par le biais de l’ἔρος que fait naître au sein des troupes la vision du souverain comme membre d’une seule et même famille. Un autre aspect important de la théorie politique sinésienne est la conception unitaire de l’Empire, dont témoigne le recours fréquent à l’adresse conjointe à Arcadius et à son frère Honorius, expression unique d’une institution universelle dont la division entre la partie orientale et la partie occidentale est seulement administrative. Chargé de faire la paix comme la guerre, conformément aux topoi du genre du logos basilikòs, le souverain aura pour tâche primordiale de maintenir sa vertu philanthropique, l’amour du genre humain. La valeur de psychagogie que revêt la philanthropie impériale, et dont dépend le salut de l’État, est elle-même un dérivé de la philosophie comme vertu suprême, et traditionnellement attachée à la royautén (Syn., De regn. 29). La définition de l’Empereur comme philosophe drapé dans la pourpre, formulée par Thémistios, n’est pas reprise dans la royauté sinésienne en raison d’une opposition vigoureuse au luxe d’inspiration cynique que l’on trouve chez Synésios. En revanche, l’amour de la philosophie et du cursus de la paideia classique devient chez lui la cause et la fin de la royauté. 4. L’influence du De regno de Synésios sur l’idéologie impériale byzantine des Ve et VIe siècles L’analyse des rapports entre le De regno de Synésios et le Panégyrique pour l’Empereur Anastase de Procope de Gaza, la Scheda Regia d’Agapet le Diacre, l’anonyme dialogue Sur la Science politique et le traité Sur les magistratures de l’état romain de Jean le Lydien nous a permis de tracer des pistes de l’influence de la théorie politique de Synésios sur le developpement de l’idéologie politique suivante, sourtout pour ce qui concerne les topoi du roi loi vivante et imitateur de Dieu. L’examen approfondi que nous avons réalisé au sujet du De regno de Synésios nous permet de considérer que cette œuvre occupe une place centrale dans l’histoire des idées politiques byzantines, et qu’elle marque le passage d’une idéologie de la royauté comprise et représentée selon les topoi de facture classique et hellénistique à une théorie politique qui enrichit ces topoi d’arguments métaphysiques et ontologiques néo-platoniciens d’un côté, de l’autre d’éléments moraux, universalistes et eschatologiques de plus en plus chrétiens. Sur le genre de discours auquel il appartient, le De regno de Synésios semble avoir exercé une influence importante, y compris sur la définition de la finalité de la littérature Περὶ βασιλείας : la pluralité des formes rhétoriques analysées (le panégyrique, le speculum principis en forme d’acrostiche, le dialogue philosophique, le traité) traduit la recherche d’une forme d’expression qui puisse véhiculer un contenu philosophique et instituer un rapport de type pédagogique entre l’auteur et son destinataire. Il est difficile de dire avec certitude dans quels milieux culturels et géographiques le De regno a circulé entre le Ve et VIe siècles. Il est toutefois certain que les auteurs qui se réfèreront au De regno ont tous été en lien avec le courant du néo-platonisme chrétien. Alexandrie, Gaza, Constantinople, Antioche ou Beyrouth deviennent à cette époque des centres de propagation d’une nouvelle culture réunissant dans de nombreuses créations les apports de l’hellénisme, de la tradition politique romaine et de la morale chrétienne. Le De regno de Synésios constitue un apport remarquable à cette nouvelle culture et constitue l’une des œuvres les plus représentatives de la Spätantike.

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